ataraxiome-blog

Tech_Tank, Festival Mirage, Lyon

En février 2015, j’ai participé au premier Tech_Tank, lancé par le Mirage Festival (Art, Innovation et cultures numériques) dans le cadre de son Open Creative Forum, en collaboration avec l’AADN. Le principe du Tech_Tank : un incubateur créatif  réunissant sur 3 jours des profils de tous horizons, développeurs, designers, artistes numériques, sculpteurs et bidouilleurs en tout genre pour créer une oeuvre collaborative sous CC0. Je trouvais ce concept très enthousiasmant alors j’ai candidaté, nous étions 17 participants répartis en 4 groupes.

Tech_Tank-render

Le thème de ce premier Tech_Tank était « Reset all« , ci-dessus les 4 projets présentés.

Mon groupe était composé de Julien Appert, Isabelle Aveline, Camille Bondaz, Florian Minjat et moi. Ci-dessous un aperçu de notre projet.

ATARAXIOME, un face à face créatif, une collaboration turbulente pour expérimenter l’harmonie et le chaos.

Le dispositif : deux « joueurs » s’installent en vis à vis. Ils s’emparent d’une tablette (chacun la sienne) située sur leur banc. Elle comporte 10 boutons, un bouton rouge « start » et 9 autres boutons qui leur permettent de déclencher des matières visuelles, sonores, textuelles. En simultané, les médias s’activent selon l’intéraction des joueurs. L’installation est immersive, les joueurs, dans le noir, avec le son qui les englobent, voient projetés sur chacun des murs situés en face d’eux, des textes (principalement des poèmes) et des animations visuelles.

La particularité de l’installation est que les actions des joueurs sont interdépendantes pour trouver une combinaison particulière qui leur donne possibilité de déclencher un nouvel état : l’ataraxie. Au-delà du jeu intéractif et instantané avec les médias, les hasards de l’instant, du duo et sa capacité à tester et expérimenter entraînent le fait de trouver (ou non) la combinaison. Celle-ci correspond à une association spécifique sur chaque tablette des joueurs que nous avions pré-programmée.

Tous les médias (sons, textes, motion design) étaient téléchargeables le jour de la présentation via une Library_Box à laquelle on accède depuis n’importe quel device via une url spécifique.

 

Nous étions accueillis dans un environnement stimulant et bienveillant : le Pôle Pixel, dans un de leur bâtiment « le cube », avec le fablab YouFactory pour voisin (qui était à ce moment en « work in progress » installant leurs machines et n’ayant pas encore tous leurs équipements) et son équipe chaleureuse à notre disposition. Ce qui a permis à un groupe de travailler la conception de sa proposition à partir du savoir-faire du fablab en matière de technologie d’impression 3D (« Etrange Familiarité ») et de notre côté, concevoir les bancs pour les joueurs avec tablettes tactiles intégrées (découpe menuiserie) ainsi que le présentoir avec la Library_Box (gravure laser sur plexi).

Aucun de nous ne se connaissait avant de se lancer dans l’aventure et ce fut un joyeux bordel pendant 3 jours intenses d’échanges et de travail ou devrais-je dire de griffonnage, bidouillage, codage, prototypage etc. L’objectif, qui nous a été précisé dès le début, était une proposition créative de l’ordre du prototype  : ce n’était donc pas forcément quelque chose qui devait être achevé. Néanmoins, nous avons eu tous à coeur, dans chaque groupe, d’avoir un rendu le plus « propre » et le plus lisible possible pour le public. Cette conscience du « donner à voir » et ce sens du partage de la création (qui ne resterait pas dans un hangar de geeks animés) nous a poussés à concevoir des dispositifs finalement très aboutis.

Cependant, ce que nous avons traversé a été, autant, voir bien plus intéressant, que l’infime partie, que le public en percevait : le « résultat ». Le plus passionnant et inspirant dans cette expérience, réside dans ce temps concentré où l’on a phosphoré, discuté et rassemblé nos énergies pour la mise en oeuvre de notre proposition. Et nous avons aussi bien appris des autres groupes, dans nos échanges réguliers, que de notre propre expérimentation. L’euphorie de ces 3 jours a alors cédé la place au blues inévitable lié à la fin de l’événement, synonyme de quitter le groupe, stopper la réflexion, les échanges, la production… Je peux imaginer alors la frustration et le désarroi de l’artiste qui fait face à une oeuvre « finie », parce que selon moi, la jouissance créative est dans le faire et non dans sa finalité.

projet

 la jouissance créative est dans le faire et non dans sa finalité